5 conseils pour aborder le marché du travail en Suisse

Crédit Photo : Expatwire

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Beaucoup de travailleurs étrangers ne prennent pas toujours conscience que la Suisse - et particulièrement la Suisse romande - est un pays à part entière, avec ses codes, ses habitudes de recrutement et un marché du travail très particulier, et surtout très différent de ce qu’on peut rencontrer en France.


Que ce soit en entretien ou en entreprise, il est donc important de bien prendre conscience de ces différences. Voici 5 conseils pour aborder ce marché du travail suisse dans les meilleures conditions.

 

 

Conseil n°1 : repensez votre CV

 

Le CV que vous avez est probablement efficace pour la France, mais il est peu probable qu’il soit efficace en Suisse. Pour commencer, le CV suisse possède quelques spécificités, dont voici quelques exemples :
-    Un CV suisse peut tenir sur 2, 3 voire 4 pages si votre expérience le justifie
-    Un CV suisse inclut ce qu’on appelle des références, c’est-à-dire des noms de personnes, très souvent vos anciens supérieurs directs, qui sont en général contactés par le recruteur
-    Un CV suisse doit être rédigé en gardant à l’esprit que le recruteur ne connait ni les entreprises dans lesquelles vous avez travaillé en France (notamment les PME, pas forcément connues), ni les diplômes (notamment). Tout ceci nécessite donc de votre part des explications complémentaires, afin que le recruteur puisse comprendre le contexte dans lequel vous avez travaillé.
-    Dans un pays où plus de 20% de la population résidente est étrangère en moyenne, il est important d’indiquer sa nationalité, notamment pour des questions de permis de travail (il est très simple et pratiquement immédiat d’obtenir un permis de travail quand on est ressortissant de l’UE, mais très compliqué lorsqu’on est ressortissant d’un Etat extracommunautaire. Aussi, pour que l’entreprise n’ait aucun doute sur ce point, autant le préciser dans le CV).

 


Conseil n°2 : la Suisse n’est pas un Eldorado (du moins pas toujours)

 

La Suisse propose incontestablement un marché du travail à faire pâlir d’envie la plupart des pays de l’Union européenne. En comparaison européenne, le chômage est certes très bas (inférieur à 3% en octobre 2011), et beaucoup d’entreprises déclarent avoir des problèmes de recrutement, notamment de spécialistes.
Mais tous les secteurs d’activité ne sont pas pour autant dans cette situation, et il est donc important de bien se renseigner sur le ou les secteurs d’activité qui vous intéressent avant d’aborder le marché du travail suisse. Dans tous les cas, gardez bien à l’esprit que les entreprises suisses ne vous ont pas attendue, et que vous n’êtes probablement pas le prochain messie. Et surtout, vous n’êtes pas le seul candidat étranger à postuler : à présent, les recruteurs suisses ont le choix non seulement parmi les candidats locaux (suisses et étrangers qui travaillent déjà en Suisse), mais également parmi les candidats de toute l’Union européenne. Les entreprises suisses sont donc très convoitées…

 


Conseil n°3 : estimez au mieux le vrai salaire suisse qui correspond au poste visé

 

Beaucoup de fantasmes circulent à propos de la Suisse, et beaucoup de candidats étrangers abordent le marché du travail avec des clichés qui ne les aident pas beaucoup.
Parmi les clichés qui ont la vie dure, on retrouve celui du salaire. Les salaires en Suisse sont certes plus élevés qu’en France (et nettement, puisque le salaire médian était de plus de 5 800 francs suisses en 2008), mais ils répondent à une logique de l’offre et de la demande. Aussi, il n’existe aucun coefficient multiplicateur entre un salaire français et un salaire suisse, chaque secteur et chaque poste sont donc à analyser de manière unique. Pour vous aider dans ce travail, il existe un certain nombre d’outils, comme par exemple des calculateurs de salaires (gratuits) qui vous permettent, sur la base de vos données personnelles (expérience, âge, sexe…), de faire une estimation de votre salaire en Suisse. Il est également souhaitable de calculer le montant net de son salaire, car les charges françaises et suisses, tant sur les salariés que sur les entreprises, sont bien différentes. Vous pourrez retrouver un nombre important d’informations et d’outils sur la page Salaire en Suisse du site Travailler-en-Suisse.ch.

 
Conseil n°4 : restez modeste, faites profil bas

 

Notre culture française nous a souvent appris à nous vendre et nous valoriser, au risque de tomber parfois dans l’excès. En Suisse, ces excès, on ne les aime pas, et on n’aime pas ce qui sort du lot. Aussi, il est possible de montrer qu’on est un bon élément, que ce soit dans sa lettre de motivation ou en entretien, en se basant sur des éléments concrets de son parcours : on ne doit pas être le meilleur vendeur, mais celui qui a augmenté de 20% en 3 ans le chiffre d’affaires de sa ligne de produits. Vous l’aurez compris, il est important de modérer la portée de ce que vous avez fait en vous basant sur des informations – comme des résultats concrets – qui parleront à votre interlocuteur.
Pour finir, il faut savoir que les Suisses romands disent parfois des Français qu’ils sont « forts en gueule ». A vous donc de leur prouver que vous n’êtes pas dans ce cas.

 


Conseil n°5 : informez-vous sur le secteur d’activité en Suisse… qui est peut-être très différent du secteur d’activité en France

 

Les candidats français n’en ont pas toujours conscience, mais les secteurs d’activité en Suisse sont parfois très différents de ceux qu’ils connaissent en France. Aussi, un professionnel du secteur de la Banque pourra constater que l’organisation des établissements suisses, les compétiteurs, l’approche des clients…  sont bien différents de ce qu’on peut connaître en France. Même chose pour le secteur de l’hôtellerie restauration, où les standards attendus, la qualité de l’accueil et du service ne sont pas forcément les mêmes. Sans parler du secteur du bâtiment (la Construction), où les normes sont différentes, tout comme la manière d’organiser un chantier.

 

C’est donc votre travail que de vous renseigner à l’avance sur toutes ces particularités, ce qui vous permettra notamment de vous éviter de vous retrouver en situation délicate en entretien, ou pire, de faire une lettre de motivation complètement hors sujet.

 

Pour travailler en Suisse, retrouvez de nombreux conseils et informations sur le CV en Suisse, la lettre de motivation, et la recherche d’un emploi le site Travailler-en-Suisse.ch.

 

David Talerman
Fondateur de Travailler-en-Suisse.ch
Co-auteur de Décrocher un emploi en Suisse

 


 


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